Somewhere over the rainbow

vendredi 20 mars 2015

Journée de la Femme

Le dimanche 8 mars c’était la journée internationale de le Femme et autant dire qu’au Burkina Faso c’est un évènement ! Pour fête l’occasion nous décidons d’aller manger au restaurant en ville, avec des amies des quatre coins de la terre. Nous avons presque toutes revêtu nos pagnes aux couleurs de la journée de la femme et entre deux coupures (de courant) nous passons une excellente soirée. Nous décidons ensuite de retrouver les garçons pour faire un billard et aller danser… Le coupé décalé dans les boîtes de nuit, on a bien rit !

Mais ça n’est pas fini, car les femmes du cebnf qui suivent les cours d’alphabétisation ont décidé d’organiser une petite fête le dimanche qui suit, le 15, mettant la femme à l’honneur. Au programme course de vélo, djandjoba (sono, danse traditionnelle Mossi) et repas : macaronis au gras. Pour la course, levé 6h, il faut inscrire les femmes, mettre les dossards et je suis chargée de la sécurité avec Nadège, une des femmes de l’alphabétisation. Afin de bloquer le passage des routes nous agitons nos foulards et les motos et charrettes s’arrêtent pour regarder passer les femmes, des groupes d’enfants se forment autour de nous. Au bout de 20 minutes c’est déjà terminé, ça ne rigole pas les femmes burkinabé sur un vélo ! Nous rentrons faire une petite sieste avant la remise des prix et la fête en fin de journée.
Belles émotions, belle ambiance, voilà une fête qui mériteraient plus d’attention en France ;)









Et pour rester dans le thème des femmes, voici un petit aperçu de ma mission avec les groupements féminins de Tenado, en brousse ! Lors du premier séjour nous avons discuté avec 10 groupements et sur le retour panne de voiture… Cette fois ci nous sommes venus en bus, départ à 5h30 du matin pour arriver là bas à 8h30. Cette dernière réunion a regroupé plus de 130 femmes avec lesquelles nous avons pu échanger pendant plusieurs heures autour de l’organisation des groupements et surtout les difficultés rencontrées. Ce fut un moment très riche en informations et clôturé en beauté par la dégustation du tô.


The Dicton du Jour : Quand les femmes sont à l’honneur, c’est toujours avec bonne humeur !

jeudi 12 mars 2015

Point Culture

Voilà 3 semaines que je suis arrivée à Rimkiéta et depuis j’ai appris beaucoup de choses.
Le sens de l’accueil est marqué, lorsque l’on arrive quelque part, les personnes présentes souhaitent la bonne arrivée. Il est important de se saluer, toujours de la main droite. J’ai appris en Mooré les salutations qui consistent à demander comment va la santé, la famille, les activités, les enfants… Je m’exerce le matin quand je vais acheter du pain pour le ptit dèj avec la confiture de goyave.
La cour de la maison
Une autre chose qui est frappante est le statut de la femme qui est très différent. La femme est la propriété de l’homme et de nombreuses femmes ont besoin d’une autorisation maritale pour sortir le soir. Cependant, cela n'empêche pas les femmes d'avoir leur marge de manoeuvre, leur sphère sociale dont l'homme est à son tour exclu. En tant que femmes blanches nous avons cependant droit à une considération un peu différente. Lorsque l’on me demande si j’ai un compagnon en France et que je réponds par l’affirmative, ils sont tous estomaqués que celui-ci m’ait laissé venir au Burkina… Toute seule.
Au niveau de la nourriture, il faut laver les légumes et fruits avec un peu de javel pour éliminer les amides. Et les fruits et légumes ne manquent pas, ananas, oranges, bananes même si le choix sera moins diversifié le mois prochain, mois de la mangue. Le midi nous mangeons souvent au maquis (restaurant) où nous trouvons de l’atcheke : de l’igname avec du poisson grillé ; du to : boules de farines de maïs à tremper dans une sauce gluante ; du foutou (mon favoris) de l’igname pilé à tremper dans une sauce ; les alokos : bananes plantain ; le poulet entier des pieds à la tête ; le riz gras ou en sauce et puis la touche française de temps en temps comme le repas lasagnes ou la soirée tarte aux fraises et chantilly.

Lavage des légumes à la javel 



Le goutu Foutou
Préparation de Tô avec Abel !

Pour ce qui est de l’eau, c’est très important ici, lorsque quelqu’un nous rend visite (surtout SANS invitation) il faut toujours proposer un verre. Une fois des enfants ont sonné à la porte et ont dit « on demande l’eau ». La règle d’or d’hospitalité fait que je suis allé leur chercher de l’eau fraiche. Quant à moi, je ne dois pas boire l’eau non bouillie sans quoi le ventre en fait les frais. Il faut d’ailleurs se méfier des glaçons. Nous avons la chance d’avoir de l’eau à la maison mais la plupart des familles se rendent aux fontaines. Dans les coures se trouvent des calebasses remplies d’eau. Lorsque je visite des amis, ils veillent à acheter des sachets d’eau à 25Francs CFA pour moi.

Mission arrosage de jardin avec l'eau du puit


Calebasses remplies d'eau, accessible à tous

Mission lessive !



Concernant les moyens de locomotion, généralement on se déplace en moto. Pour ma part je conduis la P50 ou je prends le vélo et de temps en temps nous allons en ville en voiture et une fois en taxi. Les routes à Rimkiéta ne sont pas goudronnées donc la poussière est très… intrusive. Lorsque je passe dans la rue, les enfants m’interpellent « nassaara » ça signifie « le blanc ». Les jeux favoris des enfants sont les billes, faire rouler les pneus abandonnés en courant après, jouer à l’élastique. Pour les hommes adultes il y a les cartes, la pétanque et le thé. Je ne connais pas les activités des femmes qui sont moins facilement abordables.
Niveau vestimentaire il ne faut pas dévoiler ses genoux et un décolleté trop plongeant n’est pas bien vu. La plupart des femmes s’habillent avec un pagne que le couturier aura transformé en jupe, robe, pantalon, comme il plaira. Pour chaque occasion importante on fait un pagne et j’ai acheté celui du 8 mars, à l’occasion de la fête de la femme. J’en ai fait faire un pantacourt que je porterai pour l’occasion !


The Dicton du Jour : Etre nassara au Burkina, ça se vit, ça n’s’invente pas !